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L'AIMM organise des Master Classes de Violon, Alto et Violoncelle à Montpellier du 15 au 31juillet 2008
 
Festival de Radio France et Montpellier Languedoc - Roussillon
14 - 31 juillet 2008
 

Antonio Stradivari et la ville de Montpellier

Animal baroque s’il en est, le violon se paie le luxe d’avoir une âme.

Dans le grand bestiaire instrumental actuel, lui seul a su transgresser l’usinage des siècles pour se frayer  un chemin jusqu’à nous. Sa persistance et les fonctions symboliques endossées, en sus de sa vocation première, ont fini par faire de ce fragile assemblage de cellulose un point d’ancrage de notre civilisation. Une icône dont l’importance dépasse très largement la somme de ses attributions.

Depuis son invention, à Cremone vers 1535, le violon n’a guère évolué alors que la musique, et donc les outils pour la mettre en œuvre, ont subis révolution sur révolution. Objet de recherches en tous genres, le monolithe à quatre cordes a été analysé par des savants et des machines toujours plus pointus sans livrer le moindre secret. Personne ne saura vous dire quelles sont les lois qui ont présidé sa création ni quels principes régissent ses proportions. L’interruption, au milieu du 18eme siècle, de la chaîne transmettant oralement le savoir des luthiers Crémonais, a laissé sans réponses ces obsédantes questions.

 

Mais au fait Stradivarius est-ce une marque ?

Un romain du temps de Néron ou une invention marketing de quelque communiquant en mal d’inspiration ?

Stradivarius est un homme ! Peut-on le voir ? Pas même, car il est mort ! Antonio Stradivari s’est éteint en 1737, à l’âge canonique de 93ans. Il a laissé derrière lui des enfants, des instruments de musique par centaines, des dessins, des outils, et plusieurs testaments manuscrits découverts il y a peu. Il existe bien quelques peintures et dessins le représentant au travail, mais aucun n’ont été exécutés de son vivant. Les seules informations relatives au personnage nous viennent de Gaetano Pugnani, compositeur et violoniste, qui rendit visite à Stradivari avant que ce dernier ne disparaisse. Il décrit un artisan vissé à l’établi, vêtu d’un tablier en cuir beige et coiffé d’un bonnet en laine.

 

Montpellier peut s’enorgueillir de l’association de son nom à Stradivarius de deux manières. Par les nombreux concerts de solistes équipés de violons de ce maître, et par la présence en ville de 10 ateliers de lutherie.

A force de fréquenter la faune particulière faite de collectionneurs, experts et musiciens gravitant autour des violons Crémonais, nous avons eu, Peter Biddulph, Nicolas Gilles, Wolfram Neureither, Yann Poulain et moi-même, l’idée de proposer au Festival de Radio France et au Musée Fabre un évènement célébrant l’art du fameux luthier.

Quinze stradivarius parmi les plus importants au monde ont été prêtés par la Royal Academy de Londres, The ChiMei Culture Foundation, Dextra Musica et des collectionneurs privés. Certains ont appartenu à Joachim, Isaac Stern ou à Günter Pichler du Alban Berg Quartet…


 
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