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Le catalogue de l'exposition Antonio STRADIVARI  est disponible.

"Antonio Stradivari"

Ed. Actes Sud

ISBN 978-2-7427-7899-7

tarif : 29 €

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Archinto 1696

 

 

 

Les altos réalisés par Stradivarius sont particulièrement rares. Parmi les quelques dix altos complets connus, l’"Archinto" est l’un des plus anciens et certainement, l’un des plus beaux. Hormis le "Mahler" de 1672 et le "Medici" de 1690, tous ces altos ont été construits sur le moule où sont inscrites les lettres CV, (à savoir contralto viola) et la date du 4 octobre 1690, moule conservé au Musée Stradivari à Crémone.

 

L’"Archinto" reflète parfaitement le style de tous les instruments du maître effectués durant la décennie de 1690 à 1700.

Les coins sont longs et élégants, les bords ont une gorge prononcée et la voûte, forte et basse, est néanmoins dotée de la contre-courbe caractéristique des Amati sur tout le pourtour de l’instrument. La mise en oeuvre sur l’ensemble de l’instrument est du plus haut niveau et le contour est rehaussé par l’utilisation de filets aux brins noirs un peu plus larges. Le bois est aussi caractéristique du lot que Stradivari utilisait pendant cette période. La table est constituée d’un épicéa au grain très serré, semblable à celui de l’"Arditi" ; quant au fond et aux éclisses, ils sont faits dans un érable aux ondes étroites que l’on retrouve dans plusieurs autres instruments de ces années là. La tête, en érable légèrement ondé, est conçue comme la tête d’un violoncelle, créant un léger déséquilibre avec la délicatesse du reste de l’instrument.

Innovation introduite à cette période, le chanfrein peint en noir autour du chevillier et de la volute accentue cette apparence saisissante. Une neutre évidence du développement rapide du style de Stradivari vers sa maturité est la richesse de couleur du vernis. C’est un rouge orangé aux tons doux qui donne un effet visuel de profondeur obtenu notamment grâce à la teinte dorée des sous-couches.

La table est en particulièrement bon état et le vernis y est très pur. Hormis son manche et son renversement moderne, seules les éclisses ont subi quelques modifications. Comme l’avait constaté au début du XIXe siècle le comte Cozio di Salabue, fameux collectionneur de violons, celles-ci sont relativement peu profondes. A en juger par l’état de l’instrument à l’intérieur, il est patent qu’environ 4 mm furent retirés des bords du hautes éclisses, sans doute pour satisfaire le caprice de quelque ancien propriétaire.


Cet alto a une longue histoire. En 1800, il appartient au comte Carlo Gambara de Brescia. Il est catalogué par le comte Cozio di Salabue après avoir été vendu au Comte Archinto de Milan, lequel possédait aussi deux violons et un violoncelle du maître de Crémone. Vers 1860, le marchand et grand luthier français, J. B. Vuillaume , acquiert la collection du Comte Archinto. L’alto est ensuite acheté par le futur directeur de la Royal Academy of Music de Londres, John Rutson. En 1906, celui-ci en fait don à l’Académie, dans le cadre d’un généreux legs qui constitue le coeur de l’actuelle collection. Depuis qu’il est conservé par cette institution, l’ a servi à la fine fleur des altistes, parmi lesquels Watson Forbes , Roger Bigley, Paul Silverthorne, Bruno Giuranna ou encore Yuri Bashmet. Il  a aussi été utilisé par Maxime Venguerov pour enregistrer le concerto pour alto de William Walton en 2003.