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Le catalogue de l'exposition Antonio STRADIVARI  est disponible.

"Antonio Stradivari"

Ed. Actes Sud

ISBN 978-2-7427-7899-7

tarif : 29 €

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Arditi 1689

 

 

 

On dit généralement des instruments de la première période d’Antonio Stradivari qu’ils sont amatisés car influencés par le travail de Nicolo Amati dont Antonio Stradivari fut longtemps considéré comme l’élève. Les premiers instruments d’Antonio Stradivari, qui datent de 1666, sont pourtant très personnels et ne montrent que peu de liens directs avec l’atelier d’Amati, lequel régnait en maître à cette époque, sur la lutherie Crémonaise. En revanche, dès les années 1680, le travail d’Antonio Stradivari, beaucoup plus affirmé, est manifestement redevable de l’héritage des Amati.

 

“L’Arditi”, dont le modèle s’inspire de la forme classique du grand modèle d’Amati, est un exemple accompli de ce style, tout en présentant plusieurs caractéristiques originales. Il est dans un état de conservation exceptionnel.

 

Bon nombre des moules originaux sur lesquels les violons de Stradivari furent fabriqués sont exposés au Musée Antonio Stradivarius de Crémone. Seuls deux d’entre eux datent d’avant 1689 et pourraient être à l’origine de l’"Arditi". L’un porte l’inscription "MB", l’autre l'inscription "S". Le moule portant la lettre S est légèrement plus long. C’est celui qui fut vraisemblablement utilisé. Tous deux reprennent les proportions des modèles d’Amati avec seulement de légères modifications des contours. Stradivari s’est éloigné de ce modèle surtout au niveau des coins, qu’il fit plus courts et plus larges. Par ailleurs, à cette époque, les coins du haut ont une inclinaison vers le bas très particulière et une courbe du "C" très serrée.

La voûte, à l’instar de celles des Amati, est pleine et dotée d’une gorge profonde sur le pourtour.

Les filets sont étroits et délicatement posés, alors que les ouïes larges et ouvertes sont disposées de façon remarquable et possédent de larges pattes du bas très creusées.

La tête, qui doit beaucoup à Amati quant à sa forme, est parfaitement sculptée. Les lignes du chevillier et de la volute étant d’une harmonie inégalée. Elle est cependant à tous égards légèrement plus massive et lourde que celles des Amati, comme l’est d’ailleurs l’ensemble de l’instrument.

Le vernis, d’une couleur ambrée foncée, est typique de Stradivari comme de tous les instruments issus des ateliers Crémonais de cette période. Il recouvre un fond en deux parties d’un érable bien ondé, assorti à celui des éclisses et de la volute. La table est faite dans un épicéa au grain très fin que l’on retrouve couramment dans les Stradivarius de cette époque.


On peut remonter l’histoire de cet instrument jusqu’en 1846. Cette année là, le violon passe respectivement entre les mains d’un certain Signor Carli, puis du duc milanais de Litta, et enfin du violoniste et compositeur piémontais, Luigi Arditi , dont l’instrument porte le nom. Après la mort du musicien en 1903, on retrouve le violon dans la célèbre collection de l’homme d’affaires Gerald Segelman. A son décès en 1992, sa collection est dispersée et l’Arditi est vendu à Howard Gottlieb, de Chicago. Aujourd’hui, par l’intermédiaire du marchand et expert londonien Peter Biddulph , il vient de rejoindre la Fondation Dextra Musica dans la capitale norvégienne.