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Le catalogue de l'exposition Antonio STRADIVARI  est disponible.

"Antonio Stradivari"

Ed. Actes Sud

ISBN 978-2-7427-7899-7

tarif : 29 €

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Castelbarco 1720

 

 

 

L’alto "Castelbarco" a une curieuse histoire. Il n’a d’ailleurs été confectionné par Stradivari que partiellement. Seule la table est de Stradivari mais elle est un des plus beaux exemples de son travail. Elle est parfaitement conservée avec beaucoup de son vernis d’origine.

Le "Castelbarco" fut initialement une viole d’amour construite sur le même moule “CV” que celui que Stradivari utilisait pour ses altos, parmi lesquels l' "Archinto” figurant dans cette exposition.

La tête originale, qui se trouve dans la collection du Musée de la Musique à Paris, possède un long chevillier pouvant recevoir les douze clefs nécessaires à la combinaison caractéristique de cordes mélodiques et de cordes sympathiques de la viole d’amour.

L’instrument avait initialement un fond plat et des épaules du haut tombantes dans le style de violes. La transformation en alto fut réalisée par J. B. Vuillaume dont l’intervention fut importante. II abaissa la hauteur des éclisses et aplatit les épaules tombantes au niveau de la jonction avec le manche. Vuillaume  fabriqua aussi un nouveau fond voûté en copie. La tête qu’il remplaça est en fait une magnifique tête confectionnée par les frères Amati , qui a environ cent ans de plus que le "Castelbarco". Le noir du chanfrein fut très certainement ajouté par Vuillaume.

La table est superbe. Elle possède des bords magnifiquement bien conservés ainsi qu’un verni richement pigmenté et très pur, laissant apparaître la douce et brillante texture de la surface non polie.

Les ouïes sont d’un style très proche de celles du "Maurin" . Elles sont très écartées et ont un corps d' “ff ” étroit et droit par rapport à ceux de l’alto "Archinto" .

 

On ne sait pas exactement comment Jean-Baptiste Vuillaume obtint la viole d’amour originale, mais il est probable qu’une nouvelle fois, ce fut par l’entremise de Tarisio. En 1862, la petite collection de stradivarius qu’avait constituée un des meilleurs clients de Vuillaume, le comte milanais Cesare Castelbarco, fut dispersée. L’acquéreur du “Castelbarco” fut un docteur de Mannheim, Leopold Geismar. En 1914, l’alto passe chez un autre collectionneur, le viennois Wilhelm Kux. En 1958 on le retrouve à New York, où Rembert Wurlitzer le vend à Benjamin Cooper. En 1964, il quitte New York pour le magasin de Frank Passa à San Francisco. Depuis l’an 2000 il fait partie de la collection de la Royal Academy of Music de Londres.