|
Le Musée Stradivari de Crémone abrite de nombreux dessins et patrons en papier d’étuis et il est naturel de présumer que Stradivari joua un certain rôle dans la confection d’étuis destinés à ses propres instruments. Seuls quelques uns ont survécu: l’un d’entre eux est un étui pour mandoline, aujourd’hui conservé aux Etats-Unis, au Musée National de Musique du Dakota du Sud; un autre est un étui pour violon s’ouvrant par le haut, qui figure dans l’ouvrage de Hill sur Stradivari et qui fut exposé à Crémone, lors de l’Exposition de 1987 consacrée au maître luthier.
Ce troisième exemplaire, dont le marchand Londonien, Peter Biddulph , vient de faire l’acquisition, n’avait encore jamais été exposé.
Il est unique tant par son ornementation que par le fait qu’il s’ouvre à une extrémité. On le classe généralement parmi les étuis dits “à révolver”, où la partie inférieure, fixée par une charnière, implique que l’instrument se glisse à l’intérieur la tête en premier. Cela présente quelques inconvénients, car le constant va et vient du violon, entrant et sortant de l’étui, use le vernis, sans compter l’archet, flottant librement à l’intérieur qui abîme le violon à force de heurts. Orné de dorures guillochées dans le cuir recouvrant le bois de l’étui, il est doté d’une lanière afin d’être porté en bandoulière, il est évident que cet étui, relativement léger, était destiné à un usage quotidien. En regard de ce dernier, l’étui de violon qu'Antonio Stradivari conçut pour s’ouvrir par le haut est assez lourd; entièrement recouvert de clous décoratifs et muni d’une poignée en fer le rendant peu pratique pour un usage quotidien. Il était très certainement utilisé pour les voyages en diligence ou pour remiser l’instrument durant de longues périodes.
Cet étui de style “révolver” porte deux fois l’inscription STRADIVARIO A. CRE. (Stradivari à Crémone) sur le cuir travaillé le recouvrant, ainsi que la devise, inscrite sous une portée de musique: Ecco la cetra e dia principio al canto (Voici la lyre, que le chant commence). Les armoiries d’une famille dont, à ce jour, on ne connaît pas le nom trônent au centre de l’ornement.
|