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Le catalogue de l'exposition Antonio STRADIVARI  est disponible.

"Antonio Stradivari"

Ed. Actes Sud

ISBN 978-2-7427-7899-7

tarif : 29 €

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Kustendyke 1699

 

 

 

Ce violon montre la rapidité avec laquelle les goûts de Stradivari évoluent durant la dernière décade du XVIIe siècle. Bien que réalisé quelques années seulement après l’alto "Archinto", ce violon se rapproche des travaux matures de la fameuse période d’or - même si sa conception appartient  incontestablement à une période antérieure - caractérisée par le modèle allongé. Il fut construit sur le moule, conservé au Musée Stradivari de Crémone, où sont inscrites la lettre B (signifiant probablement buona, soit “la bonne forme”) et la date du 3 juin 1692. Il s’agit du “long modèle” selon lequel Stradivari fabriquait ses violons entre 1672 et 1700. Cherchant manifestement à améliorer la sonorité de ses instruments, Stradivari s’inspira peut-être des grands violons construits à Brescia au début du XVIIe siècle. Certes, à cette époque, les violons fabriqués à Crémone avaient déjà évolué, passant de la petite taille de ceux d’Andrea Amati, désormais considérée comme obsolète, vers le “grand modèle” utilisé par son petit fils, Nicolo Amati. Il semblerait que Stradivari chercha à l’agrandir davantage.

 

C’est sa voûte qui fait de ce violon un instrument de transition. Celle-ci est en effet plus forte et pleine près des bords que dans les réalisations antérieures et infiniment plus que sur ses instruments de la période amatisée.

Les coins, plus courts, alourdissent un peu des contours soulignés, comme sur l’"Archinto", par des brins noirs épais en comparaison avec les incrustations légères de l’"Arditi".

Les ouïes, très ouvertes et espacées, sont situées relativement bas sur la table de façon à permettre une plus grande longueur de corde.

La table est constituée d’un épicéa au grain très serré, semblable à celui de l’Archinto. L’érable aussi est très proche en structure de celui de l’alto, bien que dans le cas du "Kustendyke" le fond soit jointé de deux pièces assorties.

La volute est caractéristique de l’orientation que prendront les réalisations à venir. Bien que le noir ait presque entièrement disparu du chanfrein, celui-ci est large et magnifiquement réalisé, donnant beaucoup d’attrait à la régularité de la volute.

Le vernis n’est pas aussi pur que celui de l’"Archinto", et la teinte brune plus foncée pourrait être en partie due à l’accumulation de patine en surface. Stradivari abandonna le modèle long autour de 1700 et dessina un nouveau modèle légèrement plus court, mais substantiellement augmenté en largeur. Ce modèle ainsi transformé répondit à sa recherche de sonorité et devint le fondement de son oeuvre à partir de cette époque. Bien que les instruments fabriqués selon le “long modèle” ne soient pas les préférés des musiciens à cause de leur taille, la différence entre la longueur des cordes du "Kustendyke" et celle des instruments de la période d’or, tant appréciés, est de moins de 2 mm. Une fois que le musicien s’y est adapté, la sonorité est assez comparable.


L’histoire du violon est connue seulement à partir de l’année 1927, date à laquelle il appartient au baron Von Kustendyke de Hollande. Il est ensuite vendu par les marchands londoniens Hart & Son à la Dublinoise Agnès Scott, qui en fait don, en 1961, à la Royal Academy of Music de Londres. Depuis, Xue-Wei et Lydia Mordcovitch l’ont très souvent utilisé.