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Né en 1679, Omobono était le troisième fils d’Antonio et Francesca Stradivari. Généralement considéré comme moins habile que son frère aîné Francesco, son travail est relativement rare et sa contribution à la production de l’atelier du vivant de son père est mal connue.
Les instruments dont on lui attribue la paternité partagent bon nombre des caractéristiques de l’instrument exposé ici.
Le bois est pauvre : le fond peu ondé possède des flammes inégales, la volute est sans ondes et la table semble constituée de deux pièces d’épicéa dépareillées au grain irrégulier.
Le vernis, assez coloré, ne possède pas la profondeur caractéristique des chefs-d’œuvre d’Antonio.
La voûte, basse mais pleine et forte, bien qu’elle soit un petit peu imprécise près du bord, procure un son comparable à celui des instruments de son père.
La gorge au niveau du filet est peu profonde, les coins sont étroits et pointus. Les filets, mal finis, ont une apparence hésitante.
Les ouïes, espacées, ont le même positionnement vertical que les instruments confectionnés à partir des années 1720, bien qu’elles ne soient pas aussi parfaitement coupées.
La volute, manifestement sculptée selon le même modèle que celui son père, est, par comparaison, grossièrement finie: son dégorgement est scié sommairement, le chanfrein est inégal et l’œil, trahissant la main d’Omobono n’est pas harmonieux.
Toutes ces faiblesses, mineures au regard du travail accompli par des luthiers contemporains d’Omobono, ne prennent de l’importance que si on les compare à la qualité des instruments sortis antérieurement de l’atelier familial. Il est bon de rappeler aussi qu’Omobono avait plus de soixante ans lorsqu’il confectionna l’instrument et qu’il mourut seulement deux années plus tard. Ajoutons enfin que les instruments du fils offrent une sonorité proche de quasiment tous les meilleurs instruments créés par le père.
Certifié en 2004 par J & A Beare de Londres, ce violon appartenait précédemment à Gabriel Messina, de Francfort, mais fait aujourd’hui partie de la vaste collection de la Fondation ChiMei.
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