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Le catalogue de l'exposition Antonio STRADIVARI  est disponible.

"Antonio Stradivari"

Ed. Actes Sud

ISBN 978-2-7427-7899-7

tarif : 29 €

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Pawle 1730

 

 

 

Le "Pawle", illustrant le dernier chapitre de l’histoire des violoncelles de Stradivari, est l’un des instruments les plus accomplis et les plus beaux de tous ceux provenant de l’atelier du maître durant la dernière décennie de sa vie. Après 1726, année qui a vu naître  le violoncelle "Corberon", seuls un ou deux violoncelles furent construits sur le moule “B”. Peu après, un nouveau modèle, dont est issu le "Pawle", fut crée. Il s’agit d’un modèle entièrement repensé, qui, sur les différents dessins et patrons conservés au Musée Stradivari de Crémone, porte le nom de “B Picola”. Le moule utilisé résultant manifestement de  la réduction d’une des  formes  large plus anciennes. Autant que l’on puisse en juger, tous les documents concernant le “B Picola” portent une écriture qui ne semble pas être celle d’Antonio. Selon toute vraisemblance, elle est plutôt celle de Francesco, d’autant qu’il ne fait aucun doute que  son fils aîné ait joué un  très grand rôle quant à  la conception et à  la construction de ce nouveau violoncelle. Le premier exemple d’instrument fabriqué selon ce modèle est le "Chester-Ward", que  l’on  estime  être  de  1727. Le "Pawle"  apparut  très  peu  de  temps  après,  au  cours  d’un  soudain regain d’activité survenant entre 1730 et 1732. Cette brève période, où Antonio déjà âgé de quatre vingt-huit ans, produisit au moins trois autres violoncelles construits sur le moule “B Picola” ainsi qu’un nombre égal de violoncelles d’une forme différente : un peu plus large mais plus court que le “Picola”.

 

Le "Pawle", comme les autres violoncelles “Picola”, doit une partie de son élégance à la diminution du moule B de 2 cm dans la largeur et de 1 cm dans la longueur, la forme des “CC” et des ouïes étant restés inchangés. Certains estiment que cette réduction de taille de l’instrument fut un peu trop poussée et que la sonorité de ces violoncelles de la dernière période en a souffert. Ce petit modèle présente cependant des avantages certains pour  les solistes, notamment pour ce qui est de  l’accès au registre aigu, dont la sonorité est moins affectée par  la réduction du coffre que les cordes graves. Ce violoncelle n’ayant pas été conçu pour être une simple basse d’accompagnement.

 

Le vernis est magnifiquement préservé et, sur le fond, la quantité de cette pâte transparente, d’un rouge profond, est sidérante. Il recouvre toutefois un bois relativement pauvre, caractéristique de cette dernière période, et révélateur de la possible situation dans laquelle se trouvait l’atelier. La table est constituée d’un bon épicéa au fil droit et le fond a des ondes petites et étroites. La tête est  inhabituellement débitée sur couche. L’art du maître, toujours sublime, produit une volute irréprochable, des ouïes parfaitement découpées et des filets propres bien qu’un peu courts dans les coins.

La même énergie et la même attention que celles déployées soixante années durant ont guidé la fabrication de ce magnifique violoncelle.

On pense que le "Pawle" fait partie des instruments apportés à Paris pour J. B. Vuillaume par le collectionneur de violons Luigi Tarisio au milieu du XIXe siècle. Tarisio est fameux pour avoir écumé l’Italie, en quête de trésors Crémonais délaissés et le "Pawle" semble avoir très peu servi au début de sa vie. Il a surtout demeuré entre les mains de collectionneurs qui l’ont conservé dans un état immaculé. Tenant son nom de Frederick Pawle, qui l’obtient du marchand Londonien W. E. Hill en 1866, il est exposé à Londres, lors de la Grande Exposition de 1872 à South Kensington, puis, de 1877 à 1882, il passe entre les mains de différents collectionneurs, dont notamment C. G. Meier, avant de revenir à Paris dans l'atelier de Gand & Bernardel. Il appartient ensuite au violoncelliste professionnel, Hugo Becker , de  l’Ecole de Musique de Berlin, qui possèda aussi  le "Marquis de Corberon". En 1900, il le vend à un musicien amateur de Francfort. En 1937,  le violoncelle  traverse l’Atlantique pour être vendu par Emil Hermann à Mme James Fessler, d'Indianapolis. Les propriétaires actuels, la Fondation ChiMei , l’ont acquis en 1990 auprès des marchands Bein & Fushi de Chicago.