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Ce très beau violon, puissamment construit, appartient à la période d’or.
Le fond en deux parties à ondes moyennes ascendantes est assorti aux éclisses et à la volute.
La tête, particulièrement belle, a des contours nets et affirmés et est ornée d’un oeil légèrement plus petit que ceux des violons de cette période.
Les ouïes, grandes et ouvertes, sont proéminentes sur la table, mais découpées avec une grande précision, qui rappelle d’autres violons fameux : le "Messie" ou le "Soil" de 1714.
Le fond porte dans les flancs du bas la marque d’une ancienne réparation rendue nécessaire par des trous de vers, mais, à ce détail près, l’instrument est dans un état remarquable. Il est encore recouvert de son vernis original rouge éclatant, à la texture souple.
Les stradivarius sont reconnaissables entre mille tant leur singularité de bois, de style et de modèle est grande. Il est évident que plusieurs instruments étaient en cours de fabrication au même moment dans l’atelier Crémonais. La ressemblance du "Wirth" et du "Huberman", cet autre violon célèbre, est frappante. Construits la même année on les croirait confectionnés le même mois. Leur bois est doté d’ondes ascendantes et provenant du même arbre.
Ce violon tient son nom d’ Emanuel Wirth , deuxième violon du Quatuor Joachim. Son premier propriétaire fut Nicolas Mori , un élève de Viotti d’origine anglaise. A la mort de celui-ci, en 1839, le marchand Londonien John Hart acquiert l’instrument, lequel entre trente ans plus tard dans la remarquable collection de Louis d’Egville. Il est ensuite la propriété du violoniste Néerlandais, Jan de Graan, qui le cède à Emanuel Wirth. Wirth meurt à Berlin en 1923, le violon devenant la propriété de Max Adler à Chicago. En 2005 les marchands Bein & Fushi de la même ville le vendent à la Fondation ChiMei, à qui il appartient aujourd’hui.
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